Ce qu'Hyestart entend par "politique"



Je crois d'un bon citoyen de préférer les paroles qui sauvent aux paroles qui plaisent"

Demosthène

"Résistance et obéissance ,voila les deux vertus du citoyen. Par l'obéissance il assure l'ordre, par la resistance il assure la liberté"

Alain

En questionnant le déplacement des frontières qui séparent l'art du social, on peut constater que l'expérimentation de nouveaux champs artistiques ou le développement de la créativité permettent de recomposer l'espace politique ou du moins, de déterminer les questions et les enjeux liés à la démocratie culturelle, à la démocratisation de la culture et à la gouvernance.

Par démocratie culturelle, il ne faut pas entendre un cadre d'activités attaché exclusivement au secteur culturel, mais une sphère de travail pour des domaines sociaux et des secteurs d'enjeux à l'échelle locale, régionale ou trans-nationale comme dans le cas arménien.

Il ne s'agit pas de questionner les gouvernements, mais la gouvernance. A savoir les moyens de créer des approches d'élaboration de politiques non hiérarchiques et collaboratives parmi les acteurs civiques.

Favoriser le partage du sensible, du réel, du regard social à travers les actes esthétiques est un enjeu essentiel, à l'origine de toute émancipation possible d'une communauté. Peu à peu, à travers un tissus de perceptions et de discours, qui ne relèvent plus seulement de la tradition ou de la coutume, se mettent en place de nouvelles idées et permettent l'existence ou l'apparition de groupes qui existent au-delà de toute identification préétablie. Ainsi dans l'écriture, la possibilité de mettre en fiction plus que de critiquer rend opératoire un nouveau partage du sensible.

Il ne s'agit pas de mettre en place un programme d'éducation culturelle, mais de mettre les individus en possession d'une culture évolutive qui peut déboucher sur la mise en place d'une "identité subjective". Il s'agit plus de mettre les personnes en situation de se servir de leur propre production culturelle pour s'inventer des modalités d'évolution sociale, politique ou esthétique. Par politique, HYESTART entend le souci de la chose commune.

Le droit à l'expression des différences entraîne des modalités différentes d'expression et, par là, peut faire émerger et proposer des alternatives à une société.

Aujourd'hui pour les Arméniens, par exemple, qu'ils soient d'Arménie ou de diaspora se posent un certain nombre de problèmes : la guerre du Karabagh, les évènements de juillet 2016, le rapport à la mémoire, l'émigration massive, etc... Mais l'on constate qu'il y a dans la manière d'aborder ces thématiques un trait commun: l'invariabilité (la différence entre tradition et coutume). Le passé tragique de notre peuple, le passé soviétique d'une partie de ce peuple arménien semble toujours imposer des pratiques stables, normatives, même si l'on rencontre des changements spectaculaires en Arménie; il n'en reste pas moins que tout changement, toute innovation se heurte à une " continuité " sociale, à une loi "naturelle" telles qu'elles s'exprimeraient dans notre histoire.

La prise de conscience de la citoyenneté se fait seulement aux moments de rituels comme les élections ou les commémorations, mais être citoyen, c'est une appartenance, autre que simplement nationale, à une collectivité qui entraîne des responsabilités, mais aussi des droits dans laquelle le processus participatif est essentiel.

Aussi HYESTART appréhende la culture comme ressource stratégique susceptible de concilier les défis d'une diversité croissante et la complexité de la vie quotidienne en Arménie et dans la région. La culture envisagée de façon multidimensionnelle (arts/traditions/patrimoines/genre...) peut donner des outils conceptuels qui produisent des effets sociaux en renforçant la capacité citoyenne.


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