Arménie - Turquie: Pour une législation contre les discriminations fondées sur l'orientation sex



La soirée de projection du documentaire "Lesir Indz" ("Ecoute-moi") sur l'absence de droits LGBT en Arménie, co-organisée par Hyestart et Dialogai le 29 avril dernier dans les locaux de Dialogai à Genève, a été couronnée d'un certain succès. En effet, une cinquantaine de personnes aux profils variés ont assisté à la projection du documentaire de l'association LGBT Pink Armenia dans lequel 10 membres de la communauté LGBT d'Arménie font leur coming out et partagent leur vécu. Des témoignages à la fois rares et courageux dans un contexte marqué par une homophobie exacerbée. En effet, le discours homophobe est banalisé en Arménie, que ce soit à la télévision ou dans les sphères du pouvoir. Edouard Sharmazanov, l'un des hommes forts du Parti républicain au pouvoir, s'est par exemple illustré en se déclarant ouvertement "anti-gay" dans le quotidien Aravot en 2009. Après l'attaque au cocktail molotov contre DIY, le seul bar "open" de la capitale arménienne en 2012, le même Sharmazanov avait trouvé l'attaque "justifiée". De fait, il n'y a aucune protection légale pour les personnes LGBT dont les droits sont régulièrement violés. Beaucoup craignent la violence sur leur lieu de travail, dans la rue ou dans leur famille, et ne portent pas plainte pour violation de leurs droits car l'impunité règne.

Dans la discussion qui a suivi le documentaire, la sociologue turque Pinar Selek et le Président de Hyestart, Alain Navarra, ont présenté leur point de vue. Pinar Selek est engagée auprès de ce qu'elle appelle elle-même les "opprimés", notamment la communauté LGBT. Persécutée dans son pays depuis la fin du 20ème siècle, elle vit aujourd'hui en France et nous a fait l'honneur de sa présence. Elle a insisté sur la nécessaire convergence des luttes à la fois entre minorités (ethniques, sexuelles, de genre, etc.) et sur le plan régional. En Turquie, pas plus qu'en Arménie, il n'y a toujours pas de protection légale face aux discriminations fondées sur l'orientation sexuelle. Alain Navarra, militant de longue date des droits LGBT, a rappelé son engagement militant dans les Groupes de Libération Homosexuelle (GLH) dans les années 80. Salutaire rappel. En 1978, ce groupe avait organisé à Paris la quinzaine du cinéma homosexuel. Le ministre français de la culture de l'époque, Michel d'Ornano, avait fait interdire la projection de 17 films et les spectateurs du festival avaient eu à subir un soir les agressions d'un groupuscule d'extrême droite. Souscrivant pleinement à l'argumentaire dressé par Pinar Selek, il a en plus appelé la diaspora arménienne à s'engager pour les droits LGBT en Arménie.

En conclusion, Hyestart a souligné qu'elle comptait poursuivre son engagement auprès des organes droits de l'homme des Nations Unies à Genève afin que l'Arménie (qui a signé la déclaration de l'ONU de 2008 contre les discriminations basées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre) et la Turquie se dotent enfin de législations prohibant les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre.


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